Cultiver et promouvoir l’esprit familial

Nous possédons un trésor que bien souvent nous méconnaissons ou sous-estimons. Nous sommes attirés par bien des sollicitations extérieures, tentés d’aller chercher ailleurs ce qu’en fait nous détenons, ce que nous devrions tenir à la disposition de nos contemporains déboussolés : le ferment de toute paix sociale, de toute prospérité et de toute civilisation. En effet la famille, ordonnée par Dieu à la propagation du genre humain, est dans l’ordre naturel la première société humaine. Les lois qui la régissent, prescrites dès la Genèse, confirmées et sacralisées par Jésus-Christ lui-même, ne valent-elles pas peu ou prou pour toute société ?

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Edito juin 2017

« Des études qui n’ont pas éveillé le sens de l’admiration sont des études manquées » disait André Charlier. Le fait est que celui qui fut directeur de l’école des Roches pendant plus de vingt ans1 n’aura de cesse d’inculquer le goût du beau à ses élèves, faisant dire à Antoine de Lévis-Mirepoix, ancien élève : « Que ne m’a t-il appris ? Il m’a ouvert à la musique, au théâtre, à toute une part de la littérature, à la poésie. A la réflexion, au discernement, à l’effort. A la beauté, à la foi. »

Parce que nous avons la foi, nous ne pouvons pas vivre sans beauté et c’est la raison pour laquelle, comme un avant-goût de notre congrès consacré cette année à la culture, ce numéro de Famille d’abord vous propose un dossier sur ce sujet : beauté et sainteté ; comment éduquer au beau ? ; l’art et la beauté. Voici des thèmes essentiels qui doivent structurer notre façon d’éduquer aussi bien au sein de la famille qu’à l’école et que vous pourrez approfondir du 7 au 9 juillet prochain à la Martinerie.

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Le combat culturel

Il est des jardins à la française, à l’anglaise ou japonais, mais point de jardin qui ne soit cultivé. La belle ordonnance, comme la prospérité, des champs, des prés et des bois de nos campagnes françaises résulte du travail laborieux, de l’effort quotidien de nombreuses générations d’agriculteurs.

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En marche, nous aussi...

Chers lecteurs,

Chaque nouvelle rentrée est l’occasion de prendre de bonnes résolutions, fondées souvent sur l’analyse d’un passé proche dont on souhaite, légitimement, améliorer tel ou tel aspect.

A Famille d’Abord, il en va un peu différemment tant le passé nous offre de motifs de satisfaction. Vous découvrirez ainsi, dans les pages qui suivent, tout ce qui a contribué à la réussite du magnifique congrès de juillet dernier. Au-delà d’une organisation parfaite à laquelle nous sommes désormais habitués, nous avons eu le privilège de bénéficier de la présence et de la qualité d’orateurs passionnants. Certes le sujet s’y prêtait : encore fallait-il s’en montrer digne et hisser à sa hauteur le niveau de performance espéré. Bravo donc, et merci, à tous ceux qui ont œuvré en ce sens.

Vous retrouverez aussi, dans vos rubriques habituelles, les échos du monde et leur cohorte de nouvelles plus ou moins réjouissantes. Le pape François désoriente le plus souvent ceux qui l’observent : mais il sait où il va et vous découvrirez, sous couvert de simples inflexions apparentes, la révolution de palais qui s’annonce au Vatican. Vous verrez également qu’en France, nous pouvons trouver quelques motifs d’entrain et d’espérance lorsqu’on veut bien considérer, ici ou là, les quelques manifestations de résurgence du Bien, encore sporadiques, c’est vrai, mais bien réelles et souvent enthousiasmantes.

Vous allez également pouvoir, dans un dossier spécial, passer de l’autre côté de vos écrans et découvrir ce qui s’y cache, ce qui s’y trame, et surtout comment réagir face à la menace de l’explosion en cours du monde numérique.

Nous construisons l’avenir, n’en doutons pas : Dieu, avec ses familles, a déjà vaincu le monde. Au chapitre des bonnes résolutions, nous allons donc tenter d’améliorer encore votre revue. Bientôt, de nouvelles rubriques viendront l’étoffer : des critiques d’art mais aussi un petit carrefour médical pour tenter d’offrir des pistes aux familles inquiètes des mesures qui s’annoncent et dont certaines, polémiques, sensibles comme celle dite des 11 vaccins, ont déjà été votées à l’assemblée nationale. Nous y reviendrons dès le prochain numéro.

Enfin, comment ne pas terminer ce petit mot sans remercier tout spécialement l’ami Jacques Glières qui a dirigé notre journal ces dernières années ! Les mêmes équipes sont au travail pour vous offrir un journal toujours plus attrayant : c’est aussi la marque d’une pérennité dont il a été, si brillamment, l’artisan zélé.

Bonne lecture !

Hubert le Roux

Le message politique de Fatima

Cette année du centenaire des apparitions de Notre Dame à Fatima nous offre l’opportunité de réfléchir sur notre engagement pour la restauration du règne social de Notre Seigneur. Sans doute, le message de la Vierge Marie concerne d’abord le salut des âmes, le moyen de sauver de l’enfer même les plus grands pécheurs ; mais c’est aussi un message politique dont dépend paix ou guerre pour les nations, liberté ou persécutions pour l’Eglise. Si la grande question de la consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie est du ressort des autorités de l’Eglise, examinons ce qui dépend de nous, de nos familles, de notre Mouvement.

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Elisabeth Canori Mora, fidèle à tout prix

Alors que, jusqu’au sein de l’Eglise, les attaques se font plus pressantes sur l’indissolubilité du mariage, nous avons jugé utile de vous proposer ce texte publié par le Conseil pontifical pour la famille.

«Une telle mère n’existe pas au monde. Et je ne suis pas digne d’être son mari ».

C’est ainsi que le mari d’Elisabeth Canori Mora – béatifiée par Jean-Paul II en 1994 – s’exprimait face à ses filles en parlant de celle qui était leur mère et sa femme, qu’il avait tant fait souffrir tout au long de sa vie.

Elisabeth Canori voit le jour à Rome en novembre 1774 dans une famille de riches propriétaires terriens, profondément catholiques. À 22 ans, elle épouse un jeune avocat, Tommaso Mora, apparemment un excellent parti. Il est en effet cultivé, bien élevé, croyant et bien lancé dans sa carrière. Mais le bonheur initial des deux jeunes époux est rapidement anéanti par la fragilité psychologique et émotionnelle du mari d’Elisabeth Canori qui perpétue une relation clandestine avec une femme d’humble condition, avec laquelle il dilapide toute la fortune de la famille ce qui finit par l’entraîner dans un état de véritable indigence.

Tommaso Mora n’abandonne toutefois pas sa femme et ses deux filles mais il ne rentre chez lui qu’à la tombée de la nuit, après avoir été loin de sa famille toute la journée, détruit par sa vie si désordonnée. Elisabeth décide alors de faire le choix d’une fidélité totale envers son mari et envers ses deux filles, qu’elle ne maintient, grâce à son travail, qu’au prix de grandes difficultés. Elle puise sa force dans une prière intense, dans sa fidèle adhésion au Tiers-Ordre des Trinitaires et dans sa profonde conviction que le sacrement du mariage l’a véritablement liée indissolublement et précieusement à son mari. Elisabeth sait, en effet, que la fidélité qu’elle réserve à son époux, même si cette dernière n’est pas méritée, est due à Jésus. Même si Tommaso la néglige totalement, elle honore donc jusqu’au bout le sacrement reçu, dans la douleur et la solitude.

C’est de cette manière qu’elle entre dans une relation de plus en plus intime et familière, mystique et joyeuse avec Jésus, qui se reflète dans une grande charité, emplie de prodiges riches en amour, qu’elle met en pratique dans l’aide apportée aux familles qui sont dans le besoin et dans l’éducation constante de ses filles. Ses visions mystiques et ses prophéties sur l’Église sont contenues dans son volumineux journal où la bienheureuse révèle, dans différentes pages dramatiques, les troubles religieux et moraux des hommes d’aujourd’hui.

Longtemps troublé par la sainteté de sa femme, Tommaso en vient d’abord à se moquer d’elle pour son dévouement à leur relation, qu’il sait être totalement gratuit, jusqu’à la mort d’Elisabeth où, impressionné par cet amour donné sans aucune contrepartie, il en arrive à se convertir, devenant d’abord frère franciscain conventuel puis prêtre, réalisant ainsi pleinement les prophéties faites sur sa conversion longtemps auparavant par sa femme.