Intelligence : des principes à l'engagement !

L’intelligence est, selon saint Thomas, l’une des parties de la prudence, vertu cardinale de l’action, sens qu’il distingue de la faculté intellectuelle comme aussi du don du Saint Esprit. L’intelligence ainsi comprise assure l’interface entre les principes qui découlent de la loi naturelle et de la Révélation, la réalité de notre état et de notre environnement, les acquis de l’expérience, et la finalité de nos actes. L’intelligence qui s’évertue à manier des concepts, sans rapport avec ces éléments extérieurs à elle-même, tourne à l’intellectualisme ; selon qu’elle s’affranchit de l’un ou de l’autre, elle se trouve dévoyée, inconsidérée ou dépravée.

On use trop son intelligence à vouloir juger de tout sans nécessité ni souvent aptitude ; alors que le jugement de chacun devrait porter en premier lieu sur ce qu’il convient de faire dans la situation où il se trouve, pour accomplir ce dont il est responsable et travailler au bien commun autant qu’il dépend de lui. En vue d’entreprendre telle action qui paraît opportune, l’intelligence évalue quelle doctrine la sous-tend, quel chef la conduit, quels objectifs sont poursuivis, quelles méthodes employées, quelles conséquences prévisibles. Une fois l’action engagée, l’intelligence veille à la maintenir dans le cadre ainsi défini.

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L'intelligence au naturel

Déclarée en « péril de mort » par Marcel de Corte au sortir de Mai 68, l’intelligence est aujourd’hui placée au cœur des combats pour la survie de notre espèce. Au-delà d’un mot, il s’agit d’une vraie et grave mise en garde.

En effet, si l’on considère la puissance des attaques qui sont actuellement menées contre la nature humaine, la défense de l’intelligence est une exigence vitale. Sans elle, pas de discernement et sans discernement, pas de choix. Or, s’il n’est plus en capacité d’opérer des choix, l’homme n’est plus qu’un esclave. Un mouton que les Panurge qui gouvernent le monde mènent aux abattoirs érigés pour leur seul service et dans leur seul intérêt. L’homme devient alors un simple consommateur gavé, un outil de production sans âme, exploité sans vergogne et sans limite, un numéro effaçable. Et remplaçable : l’intelligence artificielle est en passe de supplanter celle de l’homme. Or, comme il faut moins craindre l’intelligence artificielle que la sottise des hommes, soyons donc de ceux qui cultivent leur propre intelligence. C’est notre outil de résistance prioritaire.

A cet effet, profitez bien de ce numéro qui vous offre de quoi la nourrir ! Un dossier complet sur le sujet, des apostrophes aux puissants, le retour de l’esprit critique, tellement français, y côtoient des idées de lecture, de divertissement et de visites de nature à nous vivifier : le choix est vaste ! Et comme le carême nous offre un temps de réflexion, le jeûne vous est présenté sous un jour bien appétissant. Alors, comme Nicolas Rolin, nous n’aurons plus qu’à prier et contempler le doux sourire de l’Eternité. Bonne lecture !

P.S. : une fois n’est pas coutume, je souhaite faire un petit aparté. Simplement pour remercier tous ceux qui concourent habituellement à la réussite de cette revue. L’équipe de rédaction et ses dévoués relecteurs, les contributeurs réguliers et les occasionnels, ceux qui nous adressent des remontrances polies, ou des remerciements chaleureux : tous ajoutent à la construction de ce petit édifice. Fasse que Dieu les en remercie, mieux que nous ne saurions le faire.

Mars 2019

Conférence : Vivre du sacrement de mariage

Le Vin de CanaL’abbé Ludger Grün présentera son livre sur le mariage "Le vin de Cana" qui vient de paraître aux éditions Via Romana

le vendredi 8 février 2019
à 20 h
à Saint-Nicolas du Chardonnet

L’abbé Grün est prêtre de la Fraternité Saint-Pie X en Suisse alémanique. Avec une grande expérience du ministère auprès des familles, il propose dans cet ouvrage une synthèse claire et accessible à tous des fondements chrétiens du sacrement de mariage.

Extrait de la 4e page de couverture :

« Le mariage est un travail quotidien du cœur. »
On trouve aujourd’hui dans maints livrets consacrés au mariage beaucoup d’indications humaines, sociales, philosophiques et psychologiques très précieuses, mais jamais le mariage n’y est envisagé en tant que sacrement ou au regard de son fondement chrétien.
Ce petit traité vient combler cette lacune. Il encourage les époux en leur montrant comment et combien Jésus et Marie leur viennent en aide, mais aussi dans quel contexte sacré se situe leur mariage et les chances merveilleuses qu’il offre pour vivre pleinement déjà ici-bas du Royaume de Dieu et de sa louange.

Le vin de Cana - Vivre du sacrement de mariage, Ed. Via Romana, 120 pages, 9 Euros

Rayonnons, sans inquiétude ni agitation !

Trois axes d’effort constituent le référentiel de l’action du MCF : FEDERER – SE FORMER – RAYONNER1, trois axes à distinguer, sans les dissocier, encore moins les opposer, car toute action comporte une projection sur chacun de ces axes. Le thème de notre dernier congrès, Rayonner par la famille, est aussi celui de la feuille de route des cercles pour l’année, laquelle propose un programme de formation, une bibliographie adaptée, et quelques idées d’actions concrètes à entreprendre par nos cercles de familles. Il s’agit en effet de rayonner car l’union n’a pas pour but de se tenir chaud ni la formation de se complaire dans la connaissance.

Notons que le rayonnement, diffusion de lumière ou de chaleur, résulte plus de l’être, de la nature et de l’intensité de la source, que de l’agir. De même que la vie intérieure est, selon Dom Chautard, l’âme de tout apostolat, ainsi nos familles rayonneront-elles de l’esprit familial qui les unit et les anime, des vertus familiales exercées avec joie et persévérance, de cette exemplarité sans ostentation qui inspire le désir d’imiter. Pour ce qui est d’entreprendre, cherchons surtout à correspondre à la Providence, sans la devancer par une agitation fébrile ni se dérober aux opportunités qui se présentent dans notre environnement naturel.

C’est bien là, selon Gustave Thibon2, cette parcelle de la vie de la France et du monde que nous portons dans notre âme et tenons dans nos mains. La famille, la profession, le milieu social, voilà le terrain qui nous est commis et où nul ne peut tenir notre place. Au plus fort de la tempête, ne nous alarmons pas des chênes déracinés, mais soyons le taillis qui reverdit ; ne cherchons pas à retenir la maison qui s’écroule parce qu’édifiée sur le sable, mais reconstruisons sur le roc ; agissons d’abord sur ce dont nous sommes responsables, sans fonder de vains espoirs sur l’agitation médiatique.

François Legrier

1 - Ce triptyque a été défini à l’issue des travaux du congrès 2013
2 - Dans Le retour au réel, publié en 1943 sous l’occupation

La Sainte Famille au secours de notre Patrie !

SteFamille NazarethEn ce jour où le calendrier catholique traditionnel célèbre la fête de la Sainte Famille, alors que l’anarchie et le désespoir menacent gravement nos pauvres pays, puissent les familles catholiques garder ou retrouver l’espérance en considérant que toute l’œuvre de la rédemption, toute l’histoire de la chrétienté, a commencé dans cette humble famille. Si Notre Seigneur a voulu naitre et vivre trente ans, sans tapage, loin des richesses, des puissants et des médias de l’époque, soumis à sa mère Marie et à Joseph, son père nourricier, n’est-ce pas pour manifester et sanctifier le rôle éminent et irremplaçable de la famille dans la société ?

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Réalistes !

 Une sorte de défaitisme mortifère saisit parfois nombre de nos contemporains lorsque, bien nés pourtant, leur observation du quotidien les porte loin de toute espérance. Au motif que tout va mal, que le poids de la société pèse toujours plus lourdement sur nos épaules, faut-il céder à cette tentation ?

Le thème du dernier congrès nous en empêche et nous oblige. Un astre mort ne rayonne pas, une lumière éteinte non plus, un pessimiste encore moins. Pour autant, faut-il devenir d’obstinés optimistes ? Non plus : l’optimiste n’est souvent qu’un forcené du sourire contraint ou un béat satisfait de sa propre volonté, presque un vaniteux en somme. Les familles du MCF naviguent à d’autres altitudes.

Elles sont réalistes.

Leurs champs d’action et d’investigation sont immenses, à la mesure de ce que Dieu en attend. Aucun domaine ne leur est étranger. Voyez plutôt !

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L'audace d'être catholique dans ce monde

L’association de ces deux termes peut paraître insolite. L’audace en effet n’est pas répertoriée parmi les vertus chrétiennes et toute audace n’est sans doute pas recommandable. Mais si nous retenons qu’elle est une disposition qui porte à des actions difficiles, à braver les obstacles et les dangers, mais aussi la routine et la mollesse, si son contraire est peur, lâcheté ou pusillanimité, nul doute que les circonstances nous pressent de manifester de l’audace ! Cette audace d’avoir de grands désirs, d’entreprendre avec magnanimité, de persévérer sans relâche, et de n’abandonner à la Sainte Providence que ce qui ne dépend pas de nous !

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