La course mythique du Vendée Globe s’est terminée il y a quelques semaines. Elle fait irrésistiblement penser à l’épître de saint Paul aux Corinthiens du dimanche de la Septuagésime à propos des courses du stade : « Quiconque veut lutter s’abstient de tout. Eux pour une couronne périssable ; nous pour une impérissable ». Ces hardis navigateurs et navigatrices ont lutté pendant des semaines, affronté les mers du Sud et les quarantièmes rugissants et se sont abstenus de beaucoup de choses pour remporter une victoire, à commencer par une victoire sur eux-mêmes.
On n’imagine pas la somme d’efforts, en amont et pendant la course, dépensée pour préparer le bateau et le coureur puis, une fois en mer, surmonter les innombrables difficultés (tempêtes, avaries, manque de sommeil, etc.). Cette course en solitaire est d’abord le résultat d’un formidable travail d’équipe. Elle symbolise donc à la fois l’engagement personnel et l’engagement collectif ; la force morale et la prouesse technologique ; le lien entre « l’avant » et « la base arrière » ; la passion et le discernement car, comment supporter ces conditions de vie si l’on n’est pas passionné par la mer, et ne pas sombrer si l’on n’agit pas avec discernement ? Elle est une mine d’enseignements pour tous ceux qui sont en situation de responsabilité.
Quant à nous, nous savons depuis Péguy que les véritables aventuriers du monde moderne sont les pères (et mères) de famille, appelés à naviguer dans un monde de plus en plus hostile à la famille. De plus en plus ? Peut-être pas… La transformation du paysage politique aux États-Unis semble ouvrir une fenêtre d’espoir. Nous y revenons dans ce numéro avec un article de Sabine Le Conte dédié à Donald Trump et le vote catholique. On est loin du « en même temps », cette étrange maladie croquée avec humour par une jeune mère de famille…
Si cette transformation se concrétise, elle pourrait alors avoir des conséquences heureuses sur notre vieille Europe et notre pays la France, soumis à un régime de dictature qui ne dit pas son nom, comme en témoigne l’article de Thierry Reveau de Cyrières sur les placements abusifs d’enfants, et pourquoi pas sur la hiérarchie de l’Église catholique, bien décidée pour le moment à persévérer dans ses erreurs, comme le montre l’article de Sixte de Saint-Louvent « Démission et nominations ».
Ceci étant, tout en restant lucides, ne nous laissons pas obséder par ce qui va mal et continuons à nous inspirer de ceux qui agissent concrètement pour le bien commun. C’est la raison pour laquelle nous publions deux entretiens : l’un avec Éric Viaud, président de l’association Maires pour le Bien Commun, et l’autre avec Anne de Bussy, présidente de l’association Artois handicap qui, avec le soutien de la fondation Sainte Jeanne de Valois, vient d’ouvrir une maison d’accueil pour personnes handicapées au pied de Notre-Dame de Lorette. Puissent ces belles initiatives encourager les uns et les autres à œuvrer dans la Cité à la restauration du bien commun.
Enfin, notre dossier évoque le plus beau des engagements : celui dans la vie sacerdotale ou religieuse sous le prisme des relations entre parents et enfants. Il espère ainsi contribuer à éclairer nos familles sur le sens de la vocation, l’éducation à donner à nos enfants pour susciter chez eux ce grand désir et, bien sûr, les relations entre les parents et leurs enfants devenus prêtres ou religieux.
Bon vent et bonne mer !
