Editorial FDA 61

Chers amis,

Noël est ce moment privilégié où l’on met entre parenthèses les soucis du quotidien pour revenir à l’essentiel : la naissance de notre Sauveur dans une humble étable. « Un enfant nous est né », voilà sans doute la seule chose importante. Les puissances du mal peuvent bien se déchaîner et même bousculer nos vies, à l’instar de la Sainte Famille contrainte à l’exil quelques jours après la naissance de Jésus, mais elles ne peuvent nous enlever l’espérance. Gertrud Von Lefort, écrivain alle- mand convertie au catholicisme en 1923, l’a magnifiquement exprimé dans une conférence, « La nuit allemande » donnée en 1947 à Zurich, dans laquelle elle revient sur le mystère d’iniquité et la nature métaphysique et spirituelle du combat que nous avons à mener. En voici quelques extraits : « Les jours lumineux ne sont pas les seuls à avoir leurs prodiges : on en trouve aussi dans les nuits obscures. Certaines fleurs ne croissent que dans les contrées sauvages et certaines étoiles n’apparaissent qu’à l’horizon du désert. De même certaines révélations de l’amour divin ne nous sont données qu’à l’extrême limite du délaissement et au seuil même du désespoir. »

Au fond de la nuit, dans un pays ravagé par la guerre, ce ne sont pas les plus intelligents ou les plus forts qui surmontèrent le désespoir mais ceux qui avaient maintenu le contact avec Dieu ou renoué avec la foi. Ceux-là vécurent aussi le miracle de Noël : « Jamais de toute ma vie je n’oublierai ces matines de Noël dans la foule dense d’une église totalement assombrie, alors que personne ne fit un geste pour s’enfuir quand soudain retentit le son aigu des sirènes... »

Ayons donc à cœur de cultiver cette vertu et de la faire rayonner autour de nous sans céder au défai- tisme. Oui tout va mal mais comme disait le général Foch à la bataille de la Marne : « mon centre cède, ma droite recule. Situation excellente j’attaque ! »

Encore faut-il pour attaquer ne pas s’alourdir de choses inutiles et avoir de bonnes munitions. Ces choses inutiles et même nuisibles, nous ne les connaissons que trop bien. Ce sont les réseaux sociaux et la fréquentation excessive d’Internet transformant insidieusement chacun de nous en zombie. Les munitions, ce sont les bons livres, outils irremplaçables de la formation intellectuelle, quels que soient notre âge et notre condition. Profitons donc des vacances de Noël pour goûter la joie des retrouvailles familiales, la joie simple de ces chaussons posés devant l’âtre devant lesquels les parents déposent les cadeaux pour leurs enfants. Profitons de ces moments privilégiés pour lire et offrir un livre.

Joyeux Noël !