Sous couvert de protection des enfants, outrepassant son rôle et écartant volontairement les parents, l’état impose depuis cette année l’Évars : Éducation à la Vie affective, relationnelle et sexuelle. Obligatoire dès le primaire, tant dans les écoles publiques que privées sous-contrat, même catholiques, ce programme repose sur des principes pervers : d’abord un prétendu droit à la vie sexuelle garanti par l’état, ensuite une sexualité tournée exclusivement vers le plaisir et ce dès la naissance ; enfin la promotion de la théorie du genre, contraire à tout bon sens.
Editorial FDA 61
Chers amis,
Noël est ce moment privilégié où l’on met entre parenthèses les soucis du quotidien pour revenir à l’essentiel : la naissance de notre Sauveur dans une humble étable. « Un enfant nous est né », voilà sans doute la seule chose importante. Les puissances du mal peuvent bien se déchaîner et même bousculer nos vies, à l’instar de la Sainte Famille contrainte à l’exil quelques jours après la naissance de Jésus, mais elles ne peuvent nous enlever l’espérance. Gertrud Von Lefort, écrivain alle- mand convertie au catholicisme en 1923, l’a magnifiquement exprimé dans une conférence, « La nuit allemande » donnée en 1947 à Zurich, dans laquelle elle revient sur le mystère d’iniquité et la nature métaphysique et spirituelle du combat que nous avons à mener. En voici quelques extraits : « Les jours lumineux ne sont pas les seuls à avoir leurs prodiges : on en trouve aussi dans les nuits obscures. Certaines fleurs ne croissent que dans les contrées sauvages et certaines étoiles n’apparaissent qu’à l’horizon du désert. De même certaines révélations de l’amour divin ne nous sont données qu’à l’extrême limite du délaissement et au seuil même du désespoir. »
La tranquillité dans l'ordre
En reniant son Créateur, notre monde moderne divinise l’Homme et l’érige à la place de Dieu, il idéalise même une pseudo déesse Nature ! De fait, le désordre de la révolution s’étend chaque jour davantage : l’ordre naturel est nié, l’intérêt général, voire particulier, remplace une notion fondamentale, celle de la primauté du Bien commun.
Nos familles respirent cette atmosphère viciée à longueur de temps et malgré elles s’en voient imprégnées. Plus personne n’accepte de rester à sa place : les rôles d’époux et d’épouse se confondent, les pères de famille démissionnent, les mères de familles désertent le foyer, les enfants en manque d’autorité s’égarent, niant parfois jusqu’à leur sexe biologique pour se laisser envoûter par un hypothétique gender idéologique.
Il en va de même au sein de la société et des organisations, nous outrepassons trop souvent notre rôle pour faire valoir notre appréciation personnelle, cherchant absolument à avoir raison. Fort des réseaux sociaux, chacun s’instaure en juge de ceux qui sont en responsabilité, sans avoir reçu les grâces d’état pour discerner. Progressivement le désordre s’installe ainsi, l’autorité apparaît de plus en plus contestée et nous déplorons l’absence de véritables chefs.
Rappelons-nous la fable d’Ésope : l’estomac et les pieds disputaient de leur force. À tout propos les pieds alléguaient qu’ils étaient tellement supérieurs en force qu’ils portaient même l’estomac. À quoi celui-ci répondit : « Mais, mes amis, si je ne vous fournissais pas de nourriture, vous-mêmes ne pourriez pas me porter. »
Il en va ainsi dans toute société, chacun a son importance et son rôle, à cette condition l’ordre règne.
Pourtant, nos milieux catholiques se laissent aussi gangrener par cette dérive individualiste. Les prises de positions catégoriques au-delà du champ de nos compétences comme les critiques se multiplient trop souvent vis-à-vis des autorités, des responsables…
Si nous voulons restaurer une société chrétienne, Omnia instaurare in Christo, cela commence par remettre les choses en ordre : chacun à sa juste place ! En premier lieu, cela passe par savoir rester à sa place, en s’efforçant de tenir au mieux toute sa place.
Editorial FDA 60
Chers lecteurs,
Il y a 20 ans, paraissait le premier numéro de notre revue Famille d’abord ; il s’intitulait « L’audace du catholique ». Oser la famille avec tout l’héroïsme, la persévérance et les renoncements que cela implique ; unir les familles pour se soutenir et restaurer la société chrétienne. À cette époque, le MCF avait 4 ans et comptait 150 familles. Le premier numéro de FDA ne comportait que 12 pages mais tout y était déjà ou presque. Nous n’avons fait qu’étoffer en restant fidèles à l’esprit du Mouvement. Le développement de la revue a accompagné la croissance du Mouvement qui compte plus de 1 500 familles adhérentes. Une croissance qui ne s’arrête pas comme en témoigne votre présence nombreuse au congrès. Nous étions encore près de 700 à la Martinerie dont plus de 230 congressistes et 350 enfants cet été.
L'effacement du père
Le 21 janvier 1793, le Roi, père du peuple de France, a été décapité. Depuis, révolutionnaires et progressistes s’efforcent de faire disparaitre le père ou au moins d’en réduire le rôle. Mai 1968 n’est-il pas une révolte contre le père ? Trop encline à l’assistanat, notre société « maternaliste » érode jour après jour la figure de paternité.
L’autorité paternelle autrefois fixait le chemin et imposait les règles, émancipait les enfants du cocon maternel, initiait à la société, sanctionnait et corrigeait si besoin. Elle voit de nos jours son rôle systématiquement dévalorisé, sa place remise en cause jusqu’au niveau même du législateur. Au résultat, nos sociétés sont malades de l’absence de père. Sait-on qu’aux États-Unis, 85 % des jeunes incarcérés et 75 % des suicidés ont grandi sans père ? 1
