Comme le disait Pie XI, la famille est « le premier jardin et le mieux adapté où doivent spontanément germer et éclore les vocations ». Si les vocations demeurent avant tout un don gratuit du Bon Dieu, elles nécessitent aussi un terrain favorable pour se développer, s’enraciner et porter leurs fruits.
L’exemple et les soins attentifs d’un père et d’une mère sont, sans nul doute, une condition nécessaire et certainement primordiale pour que les vocations fleurissent. Cependant, elles ne s’épanouiront dans ce terreau familial que si elles s’enracinent en confiance1.
Confiance en Dieu et en sa Providence, bien sûr. Confiance dans l’Église indéfectible et en sa Tradition, évidemment. Mais aussi, et cela est peut-être parfois négligé, la confiance en soi avec la grâce de Dieu.
Le cœur de l’éducation repose pour beaucoup dans cet apprentissage de la confiance chez nos enfants. C’est à nous, parents, de développer cette richesse qui les rend plus forts et leur donnera le courage, le jour venu, de répondre présent à l’appel du Seigneur.
Alors, évitons de les effrayer en permanence en leur dressant un tableau sinistre de l’Église ou de la société actuelle. Au contraire, attachons-nous à leur montrer les belles réalisations de la grâce de Dieu dans le monde d’aujourd’hui pour leur communiquer l’envie de s’y engager. Ne retenons pas Notre-Dame de Paris en flammes mais réjouissons-nous de sa résurrection.
« Il y a dans l’homme plus de choses à admirer qu’à mépriser », disait Camus. C’était vrai pour la ville d’Oran cernée par la peste, et cela vaut pour notre pauvre monde à la dérive où nous pouvons encore trouver des sujets d’admiration. Il existe dans le cœur de nos enfants des richesses inouïes ; ne nous inquiétons donc pas trop de leurs inévitables imperfections mais appliquons-nous plutôt à faire germer leurs belles qualités.
Dans nos familles catholiques attachons-nous à être de véritables diffuseurs de confiance et, sans nul doute, nous verrons sur ce terreau familial favorable fleurir les vocations dans l’âme de nos enfants, à l’instar de Louis et Zélie Martin. Léonie, leur enfant terrible devenue une sainte religieuse, nous y encourage : « Toute l’humanité est dans l’angoisse mais confiance, confiance, confiance envers et contre tout ; la victoire est à nous2».
1. « En confiance », devise du Père Brottier, missionnaire spiritain, grand éducateur et directeur des orphelins d’Auteuil, héros de la Grande Guerre (6 citations).
2. Lettre de Léonie Martin, sœur Françoise-Thérèse chez les Visitandines, à sa sœur au Carmel, Geneviève de la Sainte Face, 3 septembre 1939.
