Le combat culturel

Il est des jardins à la française, à l’anglaise ou japonais, mais point de jardin qui ne soit cultivé. La belle ordonnance, comme la prospérité, des champs, des prés et des bois de nos campagnes françaises résulte du travail laborieux, de l’effort quotidien de nombreuses générations d’agriculteurs. Sans ce travail persévérant, sans ce savoir-faire accumulé au fil des siècles, sans culture donc, le sol n’est que jungle hostile ou désert aride. Il en va de même de l’intelligence qui, non cultivée, ne produit que sottise ; et de l’âme qui, sans culte rendu au vrai Dieu, ne peut atteindre sa fin, la vision béatifique.

La civilisation chrétienne, résultant de la culture conjointe de la foi, de l’intelligence et des arts, ordonne la société comme un jardin ; son rejet, par ignorance, négligence ou perversité, produit inéluctablement la barbarie, cette dissociété que nous voyons croître, comme les ronces et les prédateurs envahissent la terre négligée. Nous ne sommes pas indemnes des assauts de la contre-culture postmoderne, de cette pression médiatique et communicative qui sature l’esprit d’informations désordonnées et lui fait délaisser l’exercice de méditation, de mémoire, de réflexion et de volonté.

La culture ne peut se transmettre sans effort, tant de celui qui donne que de celui qui reçoit. Ce combat culturel n’est en fait que « d’employer et de développer par le travail les dons reçus de Dieu, avec ordre, paix, modération et patience », selon la belle prière de saint Pie X au glorieux saint Joseph. Accessible à chacun selon son état, il conditionne la restauration politique que nous appelons de nos voeux. Loin de la superficialité mondaine ou transgressive, le combat culturel est ce labour profond et lent qui permet en son temps la récolte abondante. Tel fut le thème de notre congrès des familles qui vient de se dérouler en ce début d'été.