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Introduction

Elles sont corporelles, psychologiques, affectives, spirituelles ; grandes ou petites, momentanées ou durables, brutales ou prévisibles ; elles surviennent à tout âge de la vie quelle que soit notre condition sociale ; elles prennent la forme de l’accident, de la maladie, de l’échec à un examen, du chômage, de la solitude, du conflit familial, de la perte prématurée d’êtres chers, de la déception amoureuse, etc.

Elles peuvent nous abîmer, voire nous détruire ; engendrer lassitude, découragement, fatalisme, repli sur soi ; aboutir à la dépression, le burn out, le suicide. À l’inverse, provoquer un sursaut de volonté farouche emprunt de stoïcisme ou même nous purifier et nous porter à des sommets sur le plan spirituel.

Elles sont le lot commun de l’humanité mais le chrétien se distingue des autres hommes dans la façon d’y faire face. Alors, que devons-nous être ? Un «Spartiate chrétien» raidi dans l’épreuve faisant sienne la phrase de Nietzche : «Tout ce qui ne tue pas rend plus fort» ? Nous lamenter et nous répandre en jérémiades ? Non, l’attitude chrétienne est dans le courage sublimé par l’offrande et la communion aux souffrances du Christ. C’est bien sûr affaire de caractère et de volonté mais aussi d’abandon à la volonté divine.AdobeStock 396944765 r

La vie de la Sainte Famille n’est-elle pas une succession d’épreuves des plus ordinaires aux plus effroyables ? Tout commence dans l’inconfort matériel et la précarité avec la naissance dans une étable et la fuite en Égypte pour finir dans la Passion et la mort.

D’un point de vue temporel, il n’est pas inutile d’avoir quelques repères pour faire face.

  • relativiser : nos épreuves nous apparaissent bien souvent insurmontables. Si l’on fait l’effort de regarder ailleurs, on se rend compte que d’autres ont des épreuves bien plus difficiles et les supportent avec plus de courage que nous ; l’humour, quand les circonstances s’y prêtent, est aussi un bon moyen de mettre un peu de distance entre nous et l’épreuve ;
  • ne pas se renfermer : il convient de trouver un équilibre entre pudeur et simplicité. Étaler ses difficultés sur la place publique est inconvenant mais à l’inverse, refuser d’être aidé est un signe d’orgueil et de fierté mal placée ;
  • laisser le temps faire son œuvre : le temps est un baume qui cicatrise les blessures d’où l’importance de ne pas ressasser les échecs, de «gratter» sans cesse ses plaies et les faire saigner indéfiniment ;
  • apprendre de ses échecs et de ses épreuves : «deviens ce que tu es» c’est aussi affermir son caractère et se construire dans les épreuves et les difficultés surmontées.

L’épreuve révèle et façonne notre personnalité. On se croyait courageux et voilà que nous sommes lâches ou à l’inverse, on se croyait incapable de faire face et voilà que nous allons de l’avant avec intrépidité. On voit des gens ordinaires réaliser des choses extraordinaires et de beaux parleurs se défiler quand il faut agir. D’ailleurs, si vous voulez vraiment connaître quelqu’un, observez-le en situation difficile ou inattendue et vous saurez exactement à quoi vous en tenir.

Ce dossier explicite l’attitude chrétienne face à l’épreuve en s’inspirant de la Sainte Famille avant de développer la notion de résilience, c’est-à-dire cette capacité à se préparer et à faire face à un traumatisme en s’inspirant de ce qui se pratique dans l’armée, pour évoquer enfin le rôle de la littérature et du roman, miroir de la psychologie humaine, à travers une conversation entre un prêtre et l’écrivain catholique Michael O’Brien.