L’épiscopat allemand voit sa volonté d’accès de l’Eucharistie aux protestants remise à plus tard par le Pape François.
Avec la publication de la lettre de Mgr Vigano au sujet des scandaleuses pratiques du cardinal Mc Carrick, l’Eglise est entrée dans une phase de crise aiguë. Elle éclaire d’une lumière crue l’offensive menée depuis plusieurs années par une frange d’ecclésiastiques pour réviser, par la "voie pastorale", la doctrine de l’Eglise sur l’homosexualité. Exemple parmi d’autres, avant que n’éclate le scandale, ce livre publié en 2017 par le jésuite américain James Martin et préfacé par le Cardinal Farrell, depuis lors nommé préfet du nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie : Building a Bridge. How the Catholic Church and the LGBT Community Can Enter into a Relationship of Respect, Compassion, and Sensitivity.
En ces tristes jours où la souillure des hommes semble toujours plus défigurer l’Epouse du Christ, nous voudrions vous livrer un post scriptum de notre précédente chronique où l’on constate, s’il était besoin de nous en convaincre, que tout espoir n’est jamais perdu.
Nous relations la publication en février 2018, par la Conférence épiscopale allemande, d’un texte qui visait à autoriser "l’intercommunion", c’est-à-dire le fait, pour un protestant, de communier à la messe à laquelle participe son conjoint catholique. Un mois plus tard, sept évêques allemands, dont un cardinal, adressaient leurs dubia1 au Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, visant à savoir si une conférence épiscopale nationale était habilitée à prendre "une décision isolée concernant une question comme celle qui concerne la Foi et la pratique de toute l’Eglise".
Le 3 mai s’est tenue au Vatican une réunion entre les protagonistes qui s’est soldée par une sorte de match nul comme le suggère le communiqué de presse laconique qui a suivi : "Le Pape François apprécie l’engagement oecuménique des évêques allemands et leur demande de trouver, dans un esprit de communion ecclésiale, une solution si possible à l’unanimité ». Cette procrastination a très vite suscité de vives réactions dont les plus emblématiques sont les suivantes :
Le 25 mai, le cardinal Ladaria, nouveau préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, écrivait au Cardinal Marx, président de la conférence épiscopale allemande, pour lui indiquer que le Saint Père était parvenu à la conclusion que le document controversé n’était "pas mûr pour être publié". Ceci ne constitue pas une réponse formelle aux dubia de sept courageux évêques, mais cette décision du Pape n’en constitue pas moins un revers pour le camp du relativisme en matière sacramentelle.
Puissent de nombreux évêques et cardinaux subordonner leur carrière ecclésiastique à l’enseignement de la doctrine du Christ (car c’est bien là le rôle de l’Eglise enseignante) et méditer cette maxime du Cardinal Pie : "Aujourd’hui plus que jamais, la principale force des méchants, c’est la faiblesse des bons, et le nerf du règne de Satan parmi nous, c’est la perte de nerf du christianisme dans les chrétiens2."