Tel un orateur préparant son discours, la maîtresse de maison imprime un style à sa maison et donne un rythme à sa vie personnelle et à celle de toute la famille. De même que le corps humain reçoit la vie d’un cœur sans cesse battant, diffusant un sang pur et renouvelé, la maîtresse de maison diffuse une chaleur que tous reçoivent et éprouvent sans parfois même s’en apercevoir.
En effet, comme maîtresse de maison, la femme ne s’adresse pas seulement à chaque personne en particulier mais exerce son influence auprès de son entourage. Reine du foyer, elle est source de vie spirituelle, de vie morale, de vie sociale pour toute la communauté familiale au centre de laquelle la Providence l’a placée. On voit ainsi rayonner la maîtresse de maison par son action sur les choses, par son influence sur les personnes, par ce qu’elle imprime aux circonstances de la vie quotidienne.
Chaque membre de la famille n’a pas seulement besoin de chaleur physique mais aussi d’un réconfort affectueux, d’une sécurité dans la confiance. Or ce climat moral dépend en tout premier lieu de l’arrangement même des objets matériels dans la maison. Spontanément, la femme tend à décorer son intérieur. Sa mission étant de répandre l’harmonie tout autant que l’ordre et la propreté, afin que ce foyer matériel reflète et façonne, simultanément, le foyer moral.
Lorsqu’on pénètre pour la première fois dans un intérieur, on considère, avec une discrète curiosité, la décoration, les meubles, l’arrangement…Mais lorsque la maîtresse de maison apparaît c’est sur elle que se concentre toute l’attention. Le visiteur considère la manière de se présenter, la simplicité et le sourire, le rythme des gestes, celui des paroles, la manière de se vêtir, et tout cela ensemble réagit sur lui. La femme n’a pas toujours conscience qu’elle peut tout autant susciter un découragement qu’un élan ou qu’un réconfort par son regard, une tristesse aussi bien qu’une joie intérieure à travers son sourire, transmettant alors une pesanteur ou une force nouvelle pleine d’entrain et de courage.
C’est sur son mari et sur ses enfants qu’elle exercera plus ou moins consciemment, mais sans cesse, son influence. Il dépend d’elle que la famille s’élève ou qu’au contraire elle décline. Va-t-elle subir l’humeur maussade de son mari fatigué, les querelles des enfants en réglant sur eux sa propre humeur ?
Non, avec fermeté, douceur et humour, elle décide de transformer le climat familial qu’elle métamorphose en quelques instants. C’est de ces choix de la maîtresse de maison que dépend la douceur d’un foyer, c’est dans ce sens précis que l’épouse, la mère, est le soleil de la famille.
Rayonnant sur les circonstances de la vie familiale, elle leur donne une coloration, un rythme et un style : l’heure des repas, une cuisine qui contribue au bon moral familial (variée, appétissante…), les conversations, la façon de se vêtir, etc.
Lorsque la femme a conscience de cette vocation propre à laquelle elle doit répondre, c’est la société tout entière qui en éprouve le bienfait. La femme exerce une influence sur la communauté, à travers sa famille, simplement par ce qu’elle aime, par ce qu’elle est, par ce qu’elle fait, pourvu que ce soit toujours avec l’intention d’ouvrir les portes de l’Éternité.